Des échelles et un ascenseur à poissons pour faciliter la remontée des poissons migrateurs

14 Avr 2020

Les rivières des Pyrénées et du piémont sont peuplées de différentes espèces de poissons amphihalins migrateurs. Saumons, truites de mer et aloses naissent dans les rivières puis les dévalent en direction de l’océan atlantique où ils vont grandir durant 3 ans environ pour les 2 premiers et 2 à 6 ans pour les aloses.

Par un mécanisme encore mal connu, toutes ces espèces vont revenir vers leurs rivières natales pour se reproduire.

Les lamproies fluviatiles et marines (qui ne sont pas des poissons mais des agnathes) ont des cycles biologiques un peu différents mais naissent aussi en rivière et pour une grande majorité d’entre elles vont aussi passer un à deux ans en mer.
L’anguille, va au contraire se reproduire en mer pour revenir grossir en rivière ou dans les marais. Les larves traversent l’Atlantique portées depuis la mer des Sargasses par les courants marins. Lorsqu’elle arrive en eau douce, l’alevin prend le nom de Civelle, ou pibale (de son nom occitan pibala).

Nous avons aussi sur l’ensemble des Pyrénées et dans le Massif-Central, la truite fario, migrateur plus modeste qui n’effectue que de courts trajets vers l’amont des cours d’eau pour trouver des zones de ponte favorables.
La SHEM réalise des diagnostics environnementaux sur ses ouvrages afin d’en vérifier la franchissabilité et si nécessaire faciliter le passage des poissons en mettant en œuvre les équipements les mieux adaptés. Ces travaux, réalisés au titre de la Continuité Ecologique, sont menés en lien avec des partenaires comme les Agences de l’Eau.
Les dispositifs sont variés : des seuils (sorte de marche), des échelles à poissons, des tapis de reptation ou encore, dans la version luxe, un ascenseur. Leur principe de fonctionnement s’appuie sur les habitudes des espèces. Des remous ou un courant artificiel, appelé « débit d’attrait » sont créés près des ouvrages de continuité écologique afin de donner au poisson migrateur l’illusion de se trouver face à un site naturel de franchissement d’un obstacle de la rivière. Le poisson s’engage alors dans l’échelle à poissons constituée de bassins qui font office de marche. A la sortie, le poisson retrouve son milieu naturel. Pour l’ascenseur, le débit d’attrait motive le poisson à pénétrer dans une cage qui remonte automatiquement le long du barrage. Pour faciliter la descente après la ponte ou pour faciliter la dévalaison des très jeunes poissons une goulotte permet de passer par-dessus le barrage et de rejoindre le milieu naturel.
Afin de vérifier le bon franchissement de ces installations, la SHEM mène un suivi environnemental soit par un comptage manuel des espèces (type et taille) avec l’aide d’organismes spécialisés, soit à l’aide de caméras et de logiciels qui détectent, visualisent, identifient automatiquement la présence des poissons ainsi que leur espèce et d’autres indicateurs.
Les données recueillies intègrent le monitoring environnemental de la SHEM et permettront à terme de participer aux différents programmes de bonne santé des gaves, nestes et autres rivières des Pyrénées.

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