La Verna : une cavité souterraine devenue centrale hydroélectrique

5 Août 2020

la verna

La Verna, modèle intégration environnementale et sociétale.
Les aménagements industriels ont permis d’ouvrir ce site au tourisme

Réalisation technique hors norme. (étroitesse du long couloir d’accès, intégration environnementale car on ne distingue quasiment rien)
Le chantier a bénéficié du soutien des élus locaux, des fédérations de pêche et de spéléologie, des associations et des riverains. Il a offert des perspectives nouvelles aux spéléologues, aux acteurs du tourisme ainsi qu’aux pêcheurs.

Seule référence d’un barrage souterrain, enterré.

« Projet rentable, projet responsable » disait-on à l’époque
Projet qui a fait l’unanimité au Pays basque
De l’idée à l’électricité, il a fallu 55 ans.

La Verna

La salle de La Verna est située dans le massif de la Pierre Saint Martin.
Il s’agit de la plus grande cavité naturelle d’Europe.
Massif mythique : abrite sans doute le plus grand ou un des plus grands réseaux de galeries souterraines au monde

La salle a été baptisée « La Verna » car le groupe de spéléologues qui l’a découverte était originaire de la commune de La Verna (Isère) et leur club de spéléologie s’intitulait le clan La Verna.

Dimension de la cavité La Verna :

  • 240 mètres de diamètre
  • 194 mètres de haut.
  • Longueur : 255
  • Largeur : 245
  • 3 km de galeries depuis le fond du puits Lépineux

Depuis la Verna, on peut explorer 85 km de galeries. Et on continue à en découvrir.

  • Cavité grande comme six fois la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.
  • 3 millions de m3 de vide.
  • Cavité difficile à imaginer lorsqu’elle n’est pas éclairée

La prise d’eau capte l’eau d’une rivière souterraine (la rivière Saint-Vincent) qui réalimente en permanence le haut du gave de Saint-Engrâce qui serait sinon quasiment à sec 6 mois de l’année.

La SHEM à la Verna
La SHEM capte l’eau de la rivière et transforme cette force mécanique en électricité.

La prise d’eau

  • 6,5 m de long
  • 4 m de hauteur
  • 200 m3 de capacité
  • 860 litres /sec captés
  • 3300 m de conduites forcées sur 530 m de dénivelé entre la prise d’eau et l’usine au fond du vallon.
  • Après passage dans la conduite forcée, elle percute la roue Pelton de la turbine à 360 km/h.
  • Puissance installée : 3,9 MW
  • Production annuelle : plus de 10 GWh Soit la consommation de 5020 habitants.
  • TEP : 882
  • Co2 économisées : 3303 T soit les émissions de 1174 voitures.

Le chantier
En 2000, la SHEM décidé d’étudier un nouveau projet.
Convention avec le Sivu en 2003. Les élus sont favorables au projet « si l’on ne créé aucun obstacle pour une éventuelle exploitation touristique ».
Début du chantier 1er février 2006
Novembre 2005 : arrêté préfectoral d’exploitation
Coût du chantier : 6 M€.
Couplage turbine alternateur et premier tour de roue : 22 janvier 2008.

Chantier hors norme, difficile
Température de 6° toute l’année
Chantier souterrain, confiné
Accès difficile notamment pour acheminement du matériel qui a dû être fait à la main.
Chantier acrobatique

La piste
Il a fallu tout d’abord construire une piste à travers le ravin d’Arpidia. Le tracé de cette piste de 2 km a été conçu dès l’origine pour être compatible avec une exploitation touristique ultérieure.

L’éclairage du chantier
Il a fallu éclairer et mettre en sécurité le chantier.

La galerie
EDF ayant laissé la galerie à l’abandon en 1960, la SHEM procède d’abord au déblaiement de la galerie. Les vestiges trouvés sont exposés à la salle d’accueil de la Verna.

Puis elle effectue les travaux de confortement. Elle projette sur les murs du béton qui est encore visible de nos jours.

La conduite forcée
Sur les 3300 m de conduites forcées, seuls 70 m sur la passerelle sont à l’air libre dans la cavité de la Verna. Le reste a été entièrement enterré.

La conduite forcée passe sous le sol de la galerie. Il a fallu creuser une tranchée de 70 cm de profondeur. La pose a été difficile en raison des dimensions de la galerie (1,45 m de large et 1,80 à 2 m de hauteur). Ces dimensions ne permettent pas l’accès à de nombreux engins de chantiers. La pose de tronçons de conduite de 6 m de long et de 900 kilos a été difficile également.

La passerelle
A 25 ou 50 m au-dessus du vide, la passerelle est arrimée à la falaise par des pieux qui ont nécessité des forages de 3 m de profondeur dans la roche.

L’usine
Bâtiment de 15 x 12 m.
Les terrassements réalisés pour les fondations ont permis de découvrir le gouffre Beñat.
L’usine est équipée d’une turbine Pelton et d’un alternateur refroidi à l’eau pour éviter les nuisances sonores.
L’usine est ensuite reliée à la ligne 20 kV Saint-Engrâce-Pierre-Saint-Martin.

Environnement
Le chantier a été conduit de manière exemplaire en termes d’intégration environnementale.
L’aménagement hydroélectrique de La Verna est totalement intégré au milieu naturel.
La cavité est préservée
La prise d’eau est en amont de la rivière souterraine, au fond de la salle et elle n’affecte pas la cavité
La conduite est rapidement enterrée et passe sous le radier de la galerie.

Lien avec spéléologues
Travail avec le CDS (Comité départemental de spéléologie) et l’Arsip (Association pour la recherche spéléologique internationale à la Pierre-Saint-Martin)

Collaborations diverses pour des travaux acrobatiques dont la construction de la passerelle

Le confortement de la galerie permet de créer une voie d’accès ou de sortie confortable pour les spéléologues. L’accès par le gouffre Lépineux, aujourd’hui interdit car trop dangereux, nécessite de nombreuses manœuvres de cordes pour descendre les 320 m et de parcourir 3 km de galeries à travers un chaos de roches.
La traversée de La Pierre Saint Martin s’effectue aujourd’hui depuis d’autres puits.

Lors de la construction de la piste, l’ingénieur génie civil de la SHEM Bernard Bertuola a découvert un autre gouffre qui a été ensuite exploré par les équipes de spéléologues. L’entrée est à l’arrière du bâtiment. Ce gouffre a été d’ailleurs baptisé Beñat (Bernard en basque en hommage à l’ingénieur de la SHEM).

Historique

Exploré par Eugène Fournier et Edouard-Alfred Martel dès la fin du 19e siècle, le massif acquiert sa notoriété avec la découverte en 1950 par Georges Lépineux, du gouffre de la Pierre Saint-Martin, qui constituera le premier accès à la rivière Saint-Vincent.

  • En 1951, cette verticale de 320 mètres, la plus grande du monde à l’époque, est descendue par Georges Lépineux, Marcel Loubens et Haroun Tazieff, à l’aide d’un treuil conçu par Max Cosyns, physicien belge.
  • En 1952, Jacques Labeyrie a pour la première fois l’idée d’un aménagement hydroélectrique sur le site.
  • 1952 mort de Marcel Loubens, agonise pendant 36 heures. Son corps est remonté deux ans plus tard
  • En 1953, l’immense salle de La Verna est découverte par une équipe de spéléologues lyonnais.
  • Mars 2004 : vol en montgolfière
  • 2006-2008 : chantier d’installation de l’usine hydroélectrique.
  • 2 avril 2008 : inauguration du site par Gérard Mestrallet, Président Directeur Général de GDF SUEZ aux côtés d’Albert Aguiar, maire de Sainte-Engrâce.
  • Avril 2010 : inauguration de l’aménagement touristique

Le premier projet hydraulique

Entre 1956 et 1960, un tunnel de 660 mètres sera percé permettant d’atteindre cette salle dans le but d’effectuer un captage hydraulique. Le projet sera abandonné car le débit de la rivière souterraine est jugé insuffisant par rapport aux grands chantiers des grands barrages et des centrales nucléaires.
Le chantier de percement de la galerie devait durer 7 mois. Il va durer 5 ans.

Lors des travaux de création de la galerie, à la prise du robinet, découverte d’une entrée par laquelle les spéléologues ont exploré 25 km de galeries.
En 1960, EDF laisse la galerie à l’abandon.

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